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De l’idée à la création d’une start-up: le rôle de l’incubateur est indispensable dans la maturation du projet d’entreprise

Catherine Gayda - Responsable emploi et relations internationales

Accompagner de jeunes entreprises innovantes dans le domaine des maladies neurologiques est la mission de l’incubateur et pépinière d’entreprises de l’ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle, Hôpital Pitié Salpêtrière 75013 PARIS), dénommé iPEPS-ICM. L’ICM est une fondation privée d’utilité publique dédiée à la recherche sur le cerveau et les maladies neurologiques. Installé au sein de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière, l’ICM regroupe plus de 480 chercheurs. Depuis son inauguration en juin 2012, plus d’une douzaine de start-up s’y sont installées. En septembre 2013, le projet d’entreprise OPNUP sélectionné par le comité d’experts de l’ICM a rejoint iPEPS-ICM.  Olivier Boumendil, porteur du projet et Pascale Altier, responsable de l’incubateur répondent aux questions de l’ABG.
Examen du projet d’entreprise avant l’incubation

« Faire accepter mon projet à l’ICM m’a demandé de mener un long travail de questionnement avec l’incubateur, de murir mes idées et de répondre à toutes les questions préalables à l’implantation que pouvaient se poser les experts » explique Olivier Boumendil. Le candidat à l’incubation  devra démontrer que son projet apporte une vraie plus-value à l’incubateur. Il devra mener une collaboration pertinente avec l’une des plates-formes répondant aux axes de l’ICM. « Je souhaite développer au sein de l’incubateur, reprends Olivier Boumendil, un nouveau produit thérapeutique contre les hyperalgésies en d’autres termes une protéine capable de soulager les douleurs post opératoires aigües. Mon projet intéressait l’incubateur, en tant que projet d’entreprise et puisque la douleur ne figurait pas dans les axes prioritaires.  Nous souhaitions avoir accès à la plate-forme d’électro-physiologie installée à l’ICM qui propose des moyens technologiques de pointe pour explorer nos hypothèses».

Malgré cette promesse de collaboration fructueuse, le dossier bloque en commission à l’automne 2012, les experts  soulèvent plusieurs questions: l’absence de source fiable de produit et la nécessité de murir le projet global, de mieux formaliser les options de recherche et les pistes de développement, problème que rencontrent beaucoup de jeunes start-up. En effet, mener un projet avec un produit dont la licence était déjà exploitée par un autre aurait fait perdre la propriété des résultats et une collaboration allait s’avérer prématurée voire impossible. « Je n’ai pas eu le Go de la commission » commente Olivier Boumendil : « Mon projet  aurait pu s’achever là mais cela m’a poussé à aller plus loin.  J’ai trouvé le fournisseur du produit idéal pouvant nous servir de matière première et ayant des propriétés appropriées dans un pays étranger».  La commission lui demande aussi de resserrer son équipe autour de la biologie. Olivier se sépare alors de deux  associés pressentis experts en marketing et se rapproche alors de Frédéric Huché spécialiste en biochimie et cristallographie des protéines, particulièrement des récepteurs membranaires. Olivier se charge de la partie développement et business et Frédéric qui deviendra son associé,  prend l’expérimentation en main en tant que responsable projet.





Complémentarité de l’équipe de la start-up


L’équipe doit être  complémentaire, capable d’échanger de manière fluide. Olivier Boumendil précise : « J’informe régulièrement Frédéric de toutes les avancées et difficultés qui ne manquent pas sur le plan managérial. Il doit me rendre compte des opérations et être en mesure de me remplacer au pied levé si un problème arrivait …». La commission ne s’y trompe pas : les investisseurs potentiels exigeront aussi que la future start-up soit capable de parer à ce type de risque. Un futur PDG ne peut cumuler une fonction commerciale et scientifique, Joaquim Matéo, PH en réanimation chirurgicale à l’hôpital Lariboisière, est choisi et mandaté pour diriger le comité scientifique.

Le rôle du comité d’experts d’iPEPS-ICM est de vérifier la pertinence scientifique et la faisabilité du projet mais aussi sa viabilité entrepreneuriale en abordant tous ses aspects : la complémentarité de l’équipe, le management et aussi la capacité à prendre et assumer des risques. La commission sélectionne uniquement les projets ayant le plus d’atouts pour réussir car la création d’une start-up dans le domaine de la santé est aujourd’hui particulièrement difficile : sur 1000 molécules testées sur des modèles animaux, une seule sera accessible pour le patient au bout de 6 à 12 ans de travail.

Pascale Altier connaît bien ces pionniers de la santé dont elle accompagne depuis des années la phase de démarrage d’entreprise. Elle insiste sur la motivation du créateur à l’origine des futures innovations à l’origine d’une meilleure santé pour les années à venir : « Il faut énormément de courage pour mener à terme ce type de projet et chaque candidat doit être au clair sur sa motivation. La création d’entreprise doit correspondre à leur motivation scientifique et personnelle  réelle et répondre à un besoin de santé majeur. Parfois,  un porteur de projet souhaite juste faire breveter son idée. Il est donc inutile pour lui d’aller jusqu’au stade de la création de valeur (et donc à la start-up) ».

Accompagnement du projet d’entreprise par l’incubateur

Au sein de l’incubateur, les porteurs de projets bénéficient d’un suivi en termes de business plan, d’accompagnement à la levée de fonds mais également d’une mise en réseau avec des personnes ressources (consultance scientifique). L’incubateur peut présenter à un porteur de projet, un CEO (Chief Executive Officer) qui l’accompagnera dans la réalisation de son projet. La qualité du fonctionnement du tandem est cruciale pour la survie de l’entreprise à venir. Le porteur de projet peut aussi se préparer à devenir un chef d’entreprise, comme Olivier Boumendil, admis pendant cette incubation à bénéficier du cursus de formation managériale d’HEC Challenge +.

Madame Altier  répercute les informations scientifiques et de veille remontées des colloques, organise et anime des réunions d’information régulièrement au sein de l’iPEPS-ICM, mettant en relation les porteurs de projets avec des personnes clés. Elle ajoute : « Le fonctionnement en réseau est essentiel dans le domaine de la création de start-up. J’ouvre aux incubés mon carnet d’adresses pour faciliter la levée de fonds et leur faire rencontrer les personnes les plus appropriées à leur démarche de création ou de développement d’activité. »

Recrutement dans une start-up


Dans le domaine du recrutement, l’incubateur permet un accès à son réseau et de rechercher des candidats.  Madame Altier explique : « Les jeunes entrepreneurs n’ont pas toujours conscience qu’un mauvais recrutement peut coûter très cher et peu d’entre eux ont les moyens de passer par un cabinet de recrutement. Elle énumère  les qualités du candidat idéal des start-up : « Les docteurs dont les start-up ont besoin sont des gens hyperflexibles, très polyvalents, passionnés et qui partagent la vision du porteur de projet. Ils doivent, a contrario des docteurs intégrant de grandes entreprises, ne pas avoir de plan de carrière bien défini au préalable. Dans une start-up, leur carrière se fera en fonction du développement de la structure ». Madame Altier repère ces « moutons à cinq pattes » comme elle aime les appeler en lisant notamment la rubrique loisirs des CV qui en dit long sur la personnalité des candidats.  Madame Altier résume : « La carrière dans une start-up fonctionne beaucoup sur l’estime, le sens de l’accomplissement et un esprit de pionnier qui a envie de réaliser quelque chose ». Quelques jeunes scientifiques français ont contacté l’incubateur car ils avaient envie de se lancer dans une aventure entrepreneuriale après un post doc aux Etats Unis. Madame Altier précise « Il existe beaucoup de programmes dans ce domaine comme la « Young Entrepreneurs Initiative » : http://www.yeifrance.com/

Olivier Boumendil acquiesce : « Cela ne convient pas à tout le monde, ajoute-t-il, certaines personnes très efficaces ne vont pas du tout aimer travailler sans cadre défini et prendre des décisions très impliquantes ». Il recherche des docteurs en biologie qui soient force de proposition et capable de travailler avec un très grand niveau d’autonomie. A la lecture d’un CV, Olivier Boumendil recherche toujours le fil conducteur, l’envie de s’engager dans un projet doit se lire en perspectives dans le CV. Le renforcement de l’équipe par le recrutement d’un post doc n’est pas encore prévu pour OPNUP. Pourtant,  un « mouton à cinq pattes » tel celui décrit par Madame Altier aimerait certainement relever le défi de l’équipe de l’OPNUP en 2014 et aider à l’obtention de la preuve de concept. Mais ce pari n’est pas aussi fou que cela, Olivier Boumendil conclut : « la start-up permet d’amorcer et de valider ce que j’appelle l’innovation de processus, un savoir-faire qu’il sera possible de valoriser et de commercialiser que les recherches cliniques aboutissent ou pas : chaque échec ou incertitude est un nouveau jalon et ouvre de nouvelles voies de recherche ; c’est ainsi que se dressent les base des développements et des enjeux possibles pour demain».

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