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François Quemeneur, de docteur en biophysique à créateur d’entreprise

Ludovic Fery

François Quemeneur

Après un doctorat en physique et un MBA en management de l’innovation, François Quemeneur s’est lancé dans la création d’une jeune entreprise innovante avec son associé. C’est en passant par des missions de conseil freelance qu’il a eu l’envie de travailler pour des petites structures puis de démarrer sa propre activité.

François Quemeneur

Comment avez-vous décidé de vous engager sur la voie du doctorat ?

François Quemeneur : « Mon intérêt pour la recherche remonte à mes premiers stages à l’université où j’ai découvert un métier avec une forte stimulation intellectuelle et beaucoup de liberté d’action. J’ai mieux appréhendé le contexte de la recherche en thèse puis en post-doctorat à l’Institut Curie, qui est un établissement proche des structures décisionnaires. J’ai rencontré en même temps les premiers obstacles liés au monde académique, que ce soit le financement, ou la forte concurrence pour les postes. Au bout de près de dix ans dans la recherche publique, j’ai eu envie de changer d’univers avec l’idée d’aller vers plus d’applicatif et des contraintes différentes, en termes d’exigence de résultats ou de durée des projets. J’ai alors initié plutôt des candidatures dans des grands groupes, qui offraient des perspectives d’évolution de carrière et, pourquoi pas, des ouvertures à l’international. »

Pourquoi s’être tourné vers les grands groupes à l’époque, et pas des PME ?

FQ : « L’avantage des grandes entreprises quand on est en recherche d’emploi est de répondre à des fiches de postes très cadrées. J’avais ainsi l’ambition de rentrer comme chercheur en R&D, et évoluer vers des fonctions plus managériales ensuite. Je n’ai pas décroché de poste à l’époque, peut-être faute d’un argumentaire convaincant pour valoriser mes compétences sur la gestion de projet. »

Vous avez participé aux Post-Doctoriales. Est-ce comme ça que vous avez connu l’ABG ?

FQ : « Mon premier contact avec l’ABG remonte à ma thèse, quand je suis entré en relation avec un conseiller à Grenoble pour des questions relatives au doctorat. J’ai eu plus tard l’opportunité de m’inscrire aux Post-Doctoriales, ce que j’ai fait fin 2012 : mes motivations étaient de rencontrer des personnes ayant dépassé le stade du doctorat et étant confrontés à la problématique de l’emploi scientifique. Un moment marquant pour moi a été l’intervention d’Hervé Bommelaer sur la place du réseau. La pratique du réseau ne m’a pas paru tout de suite évidente après la formation, mais elle m’a aidé à franchir un premier cap. Ce n’est qu’ensuite en MBA que j’ai appris à vraiment susciter l’intérêt des personnes que je voulais rencontrer. J’ai aussi découvert grâce aux Post-Doctoriales le vivier d’emploi existant dans les PME. »

Que retirez-vous d’autre de votre expérience des Post-Doctoriales ?

FQ : « Les Post-Doctoriales sont une formation qui incite à passer à l’action (rédaction de CV, entretien réseau…), en plus d’apporter un "coup de boost" au moral pour les chercheurs en reconversion. J’ai recroisé certains participants plusieurs années après lors d’événements scientifiques, ou encore aiguillé d’anciens collègues vers la formation car ils avaient besoin d’accompagnement pour leur propre reconversion !

Comment êtes-vous passé du projet d’emploi dans un grand groupe à celui de la création d’entreprise ?

FQ : « Le déclic pour moi s’est produit en mission de consulting freelance, pour le compte d’une start-up dont la problématique nécessitait une expertise scientifique, essentiellement un travail de recherche bibliographique. Durant cette mission de quelques semaines, j’ai trouvé très intéressante l’articulation entre R&D, aspect marketing et attentes clients de cette société. Dans le prolongement de cette expérience, je me suis ensuite orienté vers un MBA à l’EM Lyon, que j’ai choisi pour la coloration "sciences de la vie" de la formation et la richesse de l’écosystème lyonnais, en plus de la dimension entrepreneuriale. Le MBA m’a conforté dans mon envie de travailler pour des petites structures, qui débouchaient sur des emplois aux responsabilités variées. Deux mois après l’obtention du diplôme, j’ai toutefois saisi l’opportunité de créer mon entreprise avec mon associé, un ancien collègue de l’Institut Curie. Le point décisif pour nous lancer dans l’aventure a été l’obtention du concours de l’incubateur Busi, en région Auvergne. »

Quel est votre projet d’entreprise en quelques mots ?

FQ : « Cytodiag a pour but de proposer à l’industrie pharmaceutique un nouveau test in vitro pour accompagner le développement de nouvelles générations de médicaments. Ce test a la particularité de se concentrer sur un composant précis de la cellule, le cytosquelette. C’est un composant d’intérêt majeur car il est impliqué dans de nombreuses pathologies. »

En quoi la formation doctorale vous est utile dans cette expérience ?

FQ : « La formation doctorale est selon moi une bonne école pour la création d’entreprise, surtout s’il s’agit d’un projet innovant : prise de décision scientifique, gestion d’équipe, aptitudes personnelles comme la pugnacité, la capacité à s’adapter en cas de difficultés… Comme le doctorat, l’aventure entrepreneuriale n’est pas linéaire et il faut être capable de rectifier le tir si les voies empruntées ne sont pas les bonnes. Depuis le lancement du projet, Cytodiag a déjà beaucoup évolué !  Je sollicite autant le réseau acquis pendant ma thèse et post-doctorat que celui acquis lors du MBA : ils sont différents mais complémentaires. Côté scientifique, je me sers de mes connexions personnelles pour la recherche d’experts. Et cette expertise va venir répondre à une problématique soulevée par mes relations côté business et MBA : faisabilité technique, intérêt économique pour des investisseurs... »  

Comment se déroule une journée type quand on créé son entreprise ? Qu’est-ce que vous aimez le plus ; et au contraire, ce qui est le plus difficile ?

FQ : « Mes journées sont celles d’un dirigeant qui accompagne la maturation de son projet : cela implique au quotidien des tâches administratives liées à la création d’entreprise, mais aussi des choses plus valorisantes comme des études de faisabilité technique, la compréhension des attentes du marché ou encore l’élaboration de la stratégie marketing. On passe sans arrêt d’une tâche à l’autre, mais il y a dans le même temps beaucoup de rencontres avec des acteurs du monde académique ou de l’industrie pharmaceutique.
L’aspect le plus satisfaisant dans la création d’entreprise est de partir d’une feuille blanche, avec un projet qui nous tient à cœur. Ce qui nous motive au quotidien est la conviction que des travaux de recherche fondamentaux peuvent trouver à s’appliquer dans l’industrie. Le plus difficile est sans doute la dimension d’incertitude autour de la création d’une nouvelle activité économique, avant même la signature du premier contrat. Les questionnements qui en résultent peuvent avoir un impact sur nos proches. J’essaie d’y répondre en étant au maximum cartésien, en analysant la prise de risque. » 


Que conseillez-vous aux docteurs motivés par la création d’entreprise ?

FQ : « Je leur dirai de prendre conscience du côté fondamental du travail d’équipe. Cela me parait beaucoup plus difficile de monter son projet seul, car il y aura forcément un sentiment d’isolement dans les moments difficiles. Avec un associé, on peut au contraire prendre le relais de l’autre dans ses périodes de doute. C’est aussi en s’associant qu’un docteur peut aller chercher des compétences complémentaires sur son projet, par exemple l’analyse de marché.
Je leur conseillerai enfin de se rapprocher des différentes structures d’aide à l’entrepreneuriat, car on peut aujourd’hui bénéficier de programmes d’accompagnement très suivis, y compris depuis son laboratoire pendant le doctorat. »





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